L'appel à projets

Depuis 2023, la Société de Réanimation de Langue Française (SRLF) et le Fonds de dotation 101 ont établi un partenariat visant à promouvoir l’innovation, la recherche et l’amélioration des pratiques en réanimation. Ce partenariat s’est notamment traduit par la mise en place de bourses conjointes, incluant une bourse spécifiquement consacrée à la Qualité de Vie au Travail (QVT) et au Développement Durable.

En 2025, la SRLF et le Fonds 101 ont fait évoluer le dispositif afin de soutenir la formation universitaire de professionnels souhaitant s’engager dans des projets de service structurés autour de la QVT et/ou du Développement Durable. Cette initiative a pour ambition de renforcer les compétences au sein des équipes, de favoriser des dynamiques collectives, et de soutenir des initiatives concrètes, déployées à l’échelle des services.

En 2026, la SRLF et le Fonds 101 reconduisent ce dispositif de bourse de formation QVT / Développement Durable.

 

Modalités

 
 

Pourquoi ces deux axes ?

Qualité de Vie au Travail

Les professionnels de réanimation sont particulièrement exposés à la fatigue compassionnelle, au stress chronique et au risque d’épuisement professionnel. Les taux de turn-over et d’épuisement professionnel sont élevés, chez les infirmier(e)s comme chez les médecins, avec des conséquences majeures sur la qualité des soins, la permanence des expertises, et les coûts humains et financiers pour les établissements.

Des études ont montré qu’une mauvaise QVT est associée à :

  • une augmentation de la mortalité hospitalière liée à la désorganisation des soins (Stimpfel et al., Health Affairs, 2012) ;
  • une baisse de la satisfaction et de la fidélisation des équipes (Bodenheimer & Sinsky, Annals of Internal Medicine, 2014) ; des durées de séjour plus longues et un surcoût en ressources humaines (Lacy & Chan, BMJ, 2018).

Investir dans la montée en compétences sur les outils d’évaluation, de co-construction et d’amélioration continue de la QVT est donc un enjeu stratégique pour l’avenir des soins critiques.

Développement Durable

Le dérèglement climatique constitue une menace croissante pour la santé humaine et, par conséquent, pour les services de soins critiques. Le franchissement des limites planétaires, en particulier celles liées au climat et à la biodiversité, se traduit par des effets directs (canicules, inondations, catastrophes naturelles) et indirects (insécurité alimentaire, tensions géopolitiques, déplacements de populations), qui aggravent la charge des soins critiques.

Le système de santé, pourtant en première ligne pour répondre à ces crises, contribue lui-même à la dégradation de l’environnement : en France, les établissements de santé représentent jusqu’à 8 % des émissions nationales de gaz à effet de serre, soit environ 50 millions de tonnes équivalent CO₂ par an.

La réanimation, par son recours massif au matériel à usage unique, à l’énergie et aux gaz médicaux, fait partie des services les plus émissifs, avec des estimations allant jusqu’à 150 kg de CO₂ par lit et par jour. Sur le plan quantitatif, une étude de terrain (CHU Erasmus, Rotterdam) illustre l’ampleur du gaspillage : une journée de soins intensifs consomme l’énergie d’un véhicule parcourant 2 000 km et près de 15 000 L d’eau, tout en générant, par patient et par jour, environ 7 sacs-poubelle de déchets.

Face à cette réalité, l’écoconception des pratiques en réanimation n’est plus une option mais une nécessité. Elle suppose des changements profonds dans l’organisation, les achats, la logistique, la formation et le management. Intégrer la dimension environnementale dans les projets de service permet non seulement de réduire l’empreinte écologique des soins, mais aussi d’améliorer l’efficience hospitalière (réduction des coûts de fonctionnement) et d’inscrire l’hôpital dans une stratégie de santé durable, cohérente avec ses engagements sanitaires et sociétaux.


INFORMATIONS SUR NOTRE PARTENAIRE MAJEUR :

La SRLF, Société de Réanimation de Langue Française, est une société savante fondée en 1971. Elle regroupe aujourd’hui 3500 membres et mène des activités variées qui tournent autour de deux axes principaux : la formation continue et l’enseignement post-universitaire ; la promotion de la recherche clinique et l’évaluation de l’activité de réanimation à l’hôpital.