Six ans après : ils racontent la réanimation pendant le COVID

Mars 2020. Le monde s'arrête. Eux, ils se battent pour respirer.

Il y a presque six ans jour pour jour, la France entrait en confinement. Dans les services de réanimation, des milliers de patients luttaient contre le COVID-19, soutenus par des équipes épuisées mais déterminées. Aujourd'hui, trois témoins de cette période nous racontent ce qu'on ne voit jamais : la réalité de la réanimation.

"Je me voyais me noyer progressivement"

Le Dr Arido Agrifoglio se souvient précisément du 12 mars 2020. Ce qui ressemblait à une grippe devient une détresse respiratoire. Le 16, il est hospitalisé en urgence. Le lendemain, la France se confine. "Je me suis retrouvé tout seul à affronter une période plutôt difficile. Aucune visite autorisée dès mon entrée à l'hôpital."

Pour Marie-Clémentine, déjà en réanimation pour une maladie auto-immune, l'arrivée du COVID transforme son drame personnel en vertige collectif. Intubée, consciente, elle se retrouve "enfermée dans un corps dysfonctionnel, tétanisée par le fait que je ne dois ma survie qu'à des machines et aux soignants." Puis les visites sont suspendues. La solitude devient totale.

 

"Je me voyais me noyer progressivement"

Le Dr Arido Agrifoglio se souvient du 12 mars 2020. Ce qui ressemblait à une grippe devient une détresse respiratoire. Le 16, il est hospitalisé en urgence. Le lendemain, la France se confine. "Je me suis retrouvé tout seul à affronter une période plutôt difficile. Aucune visite autorisée dès mon entrée à l'hôpital."

Pour Marie-Clémentine, déjà en réanimation, l'arrivée du COVID transforme son drame personnel en vertige collectif. Intubée, consciente, elle se retrouve "enfermée dans un corps dysfonctionnel, tétanisée” par le fait de ne devoir sa survie qu'à des machines et aux soignants. Puis les visites sont suspendues. La solitude devient totale.

 

Des soignants face à l'inconnu

"Des héros ? Non, ce serait les idéaliser, en faire des personnages de fiction." Marie-Clémentine refuse ce mot. "Les héros n'ont pas besoin d'augmentation de salaire ni de meilleures conditions de travail."

Le Dr Arido Agrifoglio partage ce regard : "Le personnel a fait le job. Ils l'ont fait dans des conditions extrêmement difficiles, avec une incertitude qui était celle du patient... et la leur." 

Marie-Clémentine le confirme : "Ils étaient comme nous, ils avaient peur. Il y en a même qui ont dû s'éloigner de leur famille pour les protéger." Des personnes qui ont choisi "un métier difficile, qui demande un engagement total."

 

La réanimation ne s'est jamais arrêtée

Six ans après, Arido garde "un regard sur une expérience assez terrible qui a beaucoup changé ma vision de la vie." Des séquelles persistent, mais il en est conscient : "Je m'en sors bien par rapport à d'autres." Sans la réanimation, je serais mort."

Marie-Clémentine, elle, refuse d'oublier : "Je fais partie des privilégiés. Je n'aurais pas pu continuer à respirer. Respirer, ce n'est pas mal. On n'y pense pas jusqu'à ce qu'on ne puisse plus."

Et c'est peut-être là le message le plus important de ces témoignages : le COVID était une crise parmi d'autres. "En réa, on accueille tout le monde, toutes les pathologies, à partir du moment où le corps du patient ne peut plus assurer ses fonctions vitales. Ces services ne s'arrêtent jamais. Ça ne s'est pas arrêté après le COVID."

 

Pourquoi il faut soutenir la réanimation aujourd'hui

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Hormis des pandémies, de nombreuses causes amènent des patients en réanimation. Accidents, AVC, maladies graves... Chaque jour, des centaines de personnes franchissent ces portes. "Il est important de pouvoir gérer ces situations dans les meilleures conditions possibles, avec les meilleurs outils, les meilleures compétences médicales et scientifiques." (Dr Arido Agrifoglio) Son message est clair : "Ce bagage scientifique mérite un soutien dans la recherche et mérite que les gens continuent à s'y intéresser et à s'investir. Et pour ceci, il faut l'aider."

 

Mars 2020 - Mars 2026. Six ans déjà.

Les applaudissements de 20h se sont tus. Mais le combat continue, silencieusement, dans les services de réanimation de France. Pour les patients d'aujourd'hui et de demain.

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