Sepsis : une urgence vitale encore trop méconnue

Le 13 septembre, Journée mondiale du sepsis, est l’occasion de mettre en lumière une urgence médicale majeure qui demeure insuffisamment connue du grand public. Chaque année, 166 millions de personnes sont touchées dans le monde et 21.4 millions de décès sont associés au sepsis. En France, on estime entre 250 000 et 300 000 le nombre de nouveaux cas chaque année.

Qu’est-ce que le sepsis ?

Le sepsis survient toujours dans le contexte d’une infection : pulmonaire, urinaire, digestive, cutanée… Dans la majorité des cas, l’organisme parvient à contrôler cette infection, spontanément ou grâce aux traitements.

Dans certaines situations, cependant, la réponse de l’organisme à l’infection se dérègle et entraîne une dysfonction d’un ou plusieurs organes. Les poumons, les reins, le cœur ou encore le cerveau peuvent être atteints. C’est cette association entre une infection et une défaillance d’organe menaçant la vie qui caractérise le sepsis.

Sa gravité tient notamment à la possibilité d’une évolution rapide. Dans les formes les plus sévères, le sepsis peut évoluer vers un choc septique : la circulation sanguine devient insuffisante, la pression artérielle chute et les organes ne sont plus correctement irrigués. Le pronostic vital est alors directement engagé.

COMMENT LE Reconnaître ?

Les premiers symptômes ne sont pas spécifiques au sepsis. Fièvre, frissons, fatigue ou douleurs peuvent aussi accompagner de nombreuses infections sans gravité particulière.

Ce qui doit attirer l’attention est donc moins un symptôme isolé que l’association d’une infection avec une altération importante ou rapide de l’état général.

Certains signes doivent particulièrement alerter : une température très élevée ou anormalement basse, une respiration rapide ou un essoufflement, une confusion ou une somnolence inhabituelle, une peau pâle, marbrée ou moite, une douleur extrême ou encore une diminution importante des urines.

Face à une infection accompagnée d’une dégradation rapide de l’état général, il ne faut pas minimiser la situation. En cas de doute ou d’urgence, il est nécessaire d’appeler le 15 ou le 112. Une identification précoce du sepsis permet d’engager plus rapidement la prise en charge adaptée

La réanimation au cœur du combat

En cas de défaillance organique, l’état du patient pourra conduire à une admission en réanimation. Les équipes doivent alors maintenir les fonctions vitales tout en traitant la cause infectieuse : antibiotiques, assistance respiratoire, soutien de la circulation sanguine ou encore épuration rénale peuvent être nécessaires selon la situation. La surveillance continue permet d’adapter les traitements à l’évolution du patient.

La mortalité reste hélas importante : elle est estimée entre 25 et 30 % en France, et peut atteindre 50 % lorsque le sepsis évolue vers un choc septique.

ET après ?

La guérison de l’infection et la sortie de l’hôpital ne signifient pas la fin du combat.

Après un épisode sévère, les ex-patients présentent fréquemment des séquelles physiques, psychologiques ou cognitives. Le risque de ré-hospitalisation et de décès reste également plus élevé dans les mois qui suivent. Selon les données rapportées par l’OMS, environ la moitié des survivants récupèrent complètement.

Ces conséquences constituent aujourd’hui un enjeu important de recherche : mieux comprendre ce qui se passe pendant mais aussi après le sepsis doit permettre d’améliorer la prise en charge et le suivi des patients.

2026 : investir dans le sepsis pour sauver des vies

Cette année, la Journée mondiale du sepsis porte un message clair : « Invest in Sepsis – Save Lives ». Après des années consacrées à mieux faire connaître cette urgence vitale, la mobilisation internationale appelle désormais à transformer cette prise de conscience en engagements concrets et durables.

Investir davantage dans la prévention et la détection précoce, la formation des soignants, la recherche et l’innovation, la préparation aux pandémies et aux urgences sanitaires, mais aussi dans l’accompagnement des patients et des survivants : autant de leviers indispensables pour réduire les décès et les séquelles liés au sepsis.

Parce que le sepsis reste largement sous-priorisé et insuffisamment financé, cette mobilisation doit être portée par tous : gouvernements, institutions financières internationales, organisations mondiales de santé, partenaires du développement, acteurs philanthropiques et secteur privé.

Un appel qui rejoint pleinement l’engagement du Fonds 101.
À travers ses programmes, le Fonds 101 s’inscrit à son échelle dans cette dynamique mondiale, en agissant sur plusieurs des priorités identifiées pour faire reculer l'immense poids humain, sanitaire et sociétal du sepsis.

Découvrez notamment les travaux du Dr Thomas FRAPARD sur la dysfonction myocardique lors d’un sepsis, ceux du Dr Jérémie JOFFRE sur le déclin cognitif post-sepsis, soutenus par les bourses de recherche du Fonds 101 x SRLF ainsi que les travaux de la Dre Stéphanie PONS , lauréate du Prix Marine JULLIEN, sur l’impact du sepsis sur la niche ostéomédullaire dans les leucémies aiguës myéloïdes.

Votre soutien nous donne les moyens d’agir : faire progresser la recherche, améliorer les pratiques de soins et mieux accompagner les patients et leurs proches. Ensemble, nous donnons à la réanimation les moyens de sauver davantage de vies. Merci.